Le navire scientifique André-Malraux, appartenant au Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm) du ministère de la Culture, est actuellement en arrêt technique au Port de Concarneau – CRN, un port de la Région Bretagne exploité par CARENCO. Une première pour ce navire dédié à l’archéologie sous-marine, dont les opérations de maintenance mobilisent des compétences techniques pointues.
Mis à l’eau en 2012 à La Ciotat, l’André-Malraux est né d’une ambition forte : doter le Drassm d’un outil innovant capable de mener des missions de recherche archéologique sous-marine sur l’ensemble des côtes françaises. Conçu par le bureau d’études Mauric et construit par le chantier H2X, le navire embarque des équipements spécialisés permettant la conduite de fouilles, d’opérations de télédétection et d’exploration des fonds marins.
À bord, les archéologues disposent notamment de robots sous-marins téléopérés (ROV), d’équipements hydrographiques et d’un local humide dédié au traitement des objets archéologiques remontés des profondeurs. Le navire est également équipé d’un sondeur multifaisceaux permettant de réaliser des relevés bathymétriques précis.
Initialement mobilisé sur toutes les mers de l’Hexagone, l’André-Malraux intervient désormais principalement sur les façades Atlantique, Manche et mer du Nord, depuis l’arrivée du second navire hauturier du Drassm, l’Alfred-Merlin, en 2021.
Un chantier technique d’envergure
Arrivé à Concarneau le 19 mars dernier en provenance de Cherbourg, le navire a été levé le 24 mars pour son arrêt technique. Le choix de Concarneau s’est fait en raison de la disponibilité du chantier.
Si des opérations classiques de carénage sont menées, le cœur du chantier concerne principalement le système de propulsion du navire. Les deux lignes d’arbre ainsi que les paliers de butée ont été déposés. Les propulseurs d’étrave et de poupe ont également été démontés afin d’être envoyés en révision complète en Allemagne.
Ces opérations représentent un véritable défi technique. Construit en composite, le navire n’avait pas été conçu à l’origine avec des points de levage dédiés en salle des machines pour ce type d’intervention lourde.
« Les paliers de ligne d’arbre et les propulseurs avant et arrière n’avaient jamais été déposés en totalité. Il a fallu innover et mettre en œuvre des moyens d’extraction spécifiques », explique le second capitaine du navire, Erwan MARION.
Les équipes de Piriou Naval Services ont assuré avec succès cette première phase de dépose, mobilisant leur expertise pour intervenir dans des conditions techniques particulières. La repose des équipements après révision constituera une nouvelle étape critique du chantier.
Une vie à bord maintenue pendant l’arrêt
Pendant toute la durée de l’arrêt technique, quatre membres d’équipage restent présents à bord : le second capitaine, le chef mécanicien, le maître d’équipage et un matelot. Tous sont employés par GENAVIR, armateur également des navires de l’Ifremer.
Originaires des quatre coins de la France, les membres d’équipage vivent à bord durant environ quatre semaines avant d’être relayés par une seconde bordée.
Malgré le chantier, le quotidien s’organise presque normalement : chacun participe à la vie commune et aux repas, tandis que les équipes travaillent sept jours sur sept, avec des week-ends allégés permettant de profiter de Concarneau.
Un défi technique également pour l’équipe de CARENCO
La mise à sec de l’André-Malraux a également représenté un véritable défi technique pour les équipes de CARENCO. La coque du navire, réalisée en fibre de verre de dimensions importantes, est équipée de quilles antiroulis particulièrement marquées ainsi que de défenses horizontales nécessitant une vigilance accrue lors des opérations de manutention. Les équipes ont ainsi porté une attention particulière à ces appendices sensibles tout au long des opérations de levage et de mise à sec.
Par ailleurs, les formes spécifiques de la carène du navire ont demandé un important travail d’anticipation au moment de l’attinage afin d’assurer un positionnement parfaitement adapté du navire sur ses appuis. Ces caractéristiques font de l’André-Malraux un bateau particulièrement intéressant d’un point de vue technique pour les équipes en charge de sa manutention.
La réussite de ces opérations repose également sur l’expertise des équipes de CARENCO et sur la forte synergie entre les différents acteurs du port de Concarneau, notamment à l’IPC, permettant de valider et d’ajuster en continu les hypothèses de levage et d’attinage en toute sécurité.
Un retour rapide sur le terrain
À l’issue de cet arrêt technique – le premier réalisé à Concarneau pour l’André-Malraux – le navire reprendra rapidement ses missions scientifiques.
Dès sa sortie de chantier et jusqu’au mois de décembre, il sera mobilisé sur plusieurs campagnes allant de Rochefort à Dunkerque, en passant par Lorient, La Rochelle ou encore Cherbourg. Fouilles archéologiques, opérations de télédétection et actions de valorisation auprès du public rythmeront les prochains mois du navire et des équipes du Drassm.
Pour suivre l’actualité du Drassm, de ses navires et de ses recherches : LinkedIn du Drassm, prochainement sur son site Internet drassm.fr, à paraître en ligne en septembre.






