Le Port de Concarneau, Construction et Réparation Navales, un port de la Région Bretagne exploité par CARENCO, accueille un regard artistique unique : celui du collectif des Croqueurs concarnois, qui ont posé leurs carnets sur l’aire de réparation navale début avril, pour croquer le navire Le Français. Ce groupe, affilié à l’association L’Arrêt Création, explore depuis 2016 le dessin in situ, à la manière des Urban Sketchers internationaux, capturant sur le vif la vie portuaire et ses paysages maritimes. À travers leurs œuvres, c’est toute une mémoire du port qui se dessine, entre héritage artistique et réalité industrielle.
Un collectif passionné et diversifié
L’association L’Arrêt Création, créée en octobre 2015, compte aujourd’hui 91 adhérents. Parmi eux, 80 croqueurs passionnés – retraités ou actifs, débutants ou confirmés – partagent le plaisir de dessiner sur le motif, en extérieur, dans Concarneau et ses alentours. Toutes les disciplines sont représentées : peinture (huile, acrylique, aquarelle, pastel, crayon), photographie, illustration et sculpture.
Le collectif s’inscrit pleinement dans l’héritage artistique local, intimement lié à l’activité portuaire. L’École de peinture de Concarneau, qui a marqué la ville dès la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle, a largement puisé son inspiration dans la vie maritime, les quais, les chantiers et les scènes de pêche. De nombreux artistes y ont posé leur regard, contribuant à façonner l’identité visuelle du port. Aujourd’hui encore, cet héritage se prolonge à travers des artistes et acteurs locaux comme Pierre Godar, le Studio Merdy ou Jakez, mais aussi grâce au travail de transmission mené par des historiens comme Cyrille Maguer et des auteurs tels que Pierre Martin.
Dans cette continuité, les Croqueurs concarnois perpétuent cette tradition en croquant sur le vif des lieux emblématiques, des bateaux ou des sites industriels du port, dans une démarche de mémoire vivante, entre regard artistique et témoignage du présent.
Accueillir ces artistes, c’est garder une trace de l’histoire du port.
L’art du croquis au contact du réel
Travailler in situ, c’est ressentir le lieu et l’instant : chaque séance dure environ deux heures, un rythme qui impose concentration et spontanéité. Carnets, aquarelles, crayons, feutres ou pastels sont les outils privilégiés pour traduire la lumière, les formes et les ambiances.
« Je peins ce que je vois… mais je vois ce que je veux ! », nous confie Philippe Savalle, croqueurconcarnois. Peindre le port et son activité, c’est le mettre en valeur en sublimant certains aspects.
Le Port de Concarneau – CRN accueille des navires variés (vieux gréements, chalutiers, bateaux de course, navires de la marine nationale, et bien d’autres). Le défi est donc très technique. Courbes des coques, perspectives complexes, échafaudages et infrastructures industrielles offrent autant d’opportunités que de difficultés pour les croqueurs.
Dessiner pour comprendre et transmettre : le Port de Concarneau CRN, un terrain d’inspiration
Les croqueurs ne se contentent pas de reproduire des formes : ils créent une mémoire du port et de ses métiers. Être plusieurs heures sur le même sujet permet de percevoir des détails invisibles à la photographie, et de saisir l’essence des savoir-faire. Les œuvres permettent ainsi au public de découvrir le Port de Concarneau, Construction et Réparation Navales, sous un angle inédit, valorisant son patrimoine maritime et industriel.
Parmi leurs réalisations récentes : Le Français, La Recouvrance ou encore Le Marche Avec, chacun offrant un nouveau défi et la possibilité de croquer panoramas et détails avec des techniques variées. Cette diversité de sujets, entre patrimoine et modernité, fait toute la richesse de leur pratique.
Comme le souligne Jacky, croqueur concarnois : « Je dirais que chaque croqueur.euse pourrait avoir sa Madeleine de Proust à propos de tous ces vieux gréements qui viennent se refaire une beauté, mais cela concerne aussi des navires plus modernes qui sortent directement des Chantiers Piriou, comme par exemple, l’Anémos, ou le dernier né des Chantiers JFA. »
La réputation d’un port et de son activité se diffuse aussi à travers les œuvres qui s’en inspirent. Les représentations de Concarneau voyagent bien au-delà du territoire, jusqu’à d’autres régions et parfois à l’étranger. Cette mise en image contribue à faire connaître et rayonner l’activité de construction et de réparation navales. Pour accompagner son évolution, l’ensemble des acteurs (concédant, concessionnaire, concessionnant et partenaires) gagne à s’approprier son histoire et son identité à travers ces regards artistiques.
Un dialogue avec le port et ses acteurs
Bien que le Port de Concarneau – CRN, reste avant tout un lieu de travail, les croqueurs trouvent des moments d’échange avec marins, techniciens et exploitants. Dessiner sur autorisation ou hors des heures d’activité leur permet de s’intégrer dans ce paysage industriel, sans gêner le personnel. Ces expériences renforcent la cohésion du groupe et enrichissent leur perception du site. Ils permettent de créer des liens entre acteurs du port via un moyen indirect et de renforcer ainsi sa cohésion.
Bernard Trolez, fondateur du groupe, résume : « La traversée des bateaux vers l’aire de réparation, la mise en place des mâts de l’Anemos… Chaque mouvement, chaque instant, mérite d’être croqué. »
Vers une valorisation du port
Le collectif souhaite continuer à explorer le port : de la cale sèche aux ateliers de construction navale, des entreprises aux pontons. Chaque croquis est un témoignage vivant de l’évolution des lieux et de la vitalité de la vie portuaire, dans un dialogue constant entre mémoire, technique et émotion.
Tous participent à garder une trace de l’histoire du Port de Concarneau, Construction et Réparation Navales, contribuent à sa construction de demain et répandent sa réputation.
Dessins : Annick Gaudy, Catherine Legrand, Claudine Labouise, Jacky Abélard, Françoise Mévellec, Nadine Jean










